Mobiliser le terme « les Cours des comptes » nous invite à imaginer qu’il existe plusieurs Cours des comptes qui se seraient saisies de la question en France. En réalité, en 2024, on évoque ce terme pour représenter les Cours des comptes française et Belge qui ont décidé de mener un travail de collaboration autour de « L’accueil en Wallonie des personnes en situation de handicap« .
La Cour des comptes en France n’a pas hésité à qualifier ce travail collaboratif, » d’éclairage inédit sur une prise en charge transfrontalière originale« . Il s’agissait en effet d’un éclairage inédit car le phénomène des départs des français vers la Wallonie n’avait jamais été examiné par la Cour des comptes. Pourtant, cette prise en charge s’élève à un demi milliard par an.
Les deux Cours ont mené un travail d’analyse des départs vers la Wallonie des personnes françaises en situation de handicap. Ce travail a donné lieu à un rapport français et un rapport belge ainsi qu’à une synthèse commune.
Le premier constat commun est le nombre de personnes en situation de handicap qui sont en Wallonie et font partie de ce que j’appelle les H.O.Q.T.F. français (Handicapé Obligé de Quitter le Territoire Français).
Au total, ce sont près de 8 200 français (7 000 adultes et 1 200 mineurs) qui sont partis de France afin d’être accompagnés en Wallonie. Ce chiffre interpelle lorsqu’on le compare à la population de certaines communes, telles que Châteauneuf-sur-Loire (Loiret – 8 530 hab.), Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence – 8 550 hab.) ou Vaison-la-Romaine (Vaucluse – 8 500 hab.). (Insee – Populations de référence 2022 (entrée en vigueur 1er janvier 2025).
Les départs vers la Wallonie équivalent donc à faire déménager entièrement la population de chacune de ces villes. Il était temps que la question soit appréhendée dans son ensemble pour comprendre le phénomène et examiner les réponses apportées.

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